Vendredi 9 juin 2006
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21:38
Arrivee a Caracas, mercredi soir, dans le trafic de fin de journee. Nous rejoignons, en metro, le quartier de Sabana Grande ou nous atterrissons dans un hotel repute accueillant pour les voyageurs etrangers. Tres vite, le lieu s'avere etre un hotel de passe qui sert aussi d'epicerie de nuit, une vraie forteresse grillagee - aux chambres froides et deprimantes - au milieu de mauvaises boites de nuit, de la pauvrete, de l'errance, de la drogue et de la prostitution. Mais il est trop tard pour s'aventurer ailleurs...
Nous trouvons nettement mieux, le lendemain.
Ville etrange, bien peu stimulante, ou l'individualisme et la propriete isolent toujours plus. Centre vertical et banlieue instable et insalubre en expansion permanente, ville moderne et ville delabree, dont la traversee de l'histoire semble instable et houleuse, comme livree aux fluctuations des cours du petrole et aux lubies des pouvoirs qui se sont succedes. Difficile de trouver la les signes de la revolution que proclament les affichages du metro, les murs peints et les discours quasi-quotidiens de Chavez. Ce n'est pas ininteressant ce qu'il analyse et ce qu'il expose mais la revolution qu'il dit, sous cette forme de gouvernance, n'a pas lieu.
En matiere de discours, il s'agit plutot d'une sorte d'education populaire sur les modeles sociaux et economiques, doublee d'invitations a la comprehension du socialisme... en matiere de realisation politique, plutot de grandes reformes et de grands chantiers " pour le peuple et pour la patrie " en matiere de sante, d'alimentation, d'alphabetisation, de reseau routier, d'independance energetique, de souverainete nationale...
La presse nationale qui manque cruellement de profondeur, n'aide pas beaucoup a saisir les details, les precisions et les subtilites utiles a la comprehension des grands changements en cours. Quant aux gens rencontres jusque la, rares sont ceux qui en parlent.
Les quartiers les plus pauvres des villes que nous avons traversees, sont dans un etat deplorable. Il n'est pas rare, en tant qu'etranger, assimilable a un gringo, de se retrouver pris sous le feu de remarques agressives de gens dont la vie ne se transforme pas assez vite. Ces quartiers semblent encore acquis au parti de Chavez - aucun dirigeant ne leur a jamais parle ainsi, ne les a autant pris en consideration - mais cet homme a l'air trop seul et trop magistral dans son exercice du pouvoir.
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